|
|
Témoignage de Michel BariteauDonné à Saint-Basile-le-Grand en novembre 2006 |
|
|
|
Bonjour à tous ! Je suis le plus jeune d'une famille de 4 enfants. J'ai été élevé selon
les croyances religieuses de mes parents. Mes parents insistaient pour qu'on
assiste à la messe tous les dimanches, même si eux ne nous accompagnaient pas.
Dans ce temps-là, tout se passait en latin et à mes jeunes yeux ce n'était
que des rituels auxquels je ne comprenais absolument rien. La première fois que j'ai entendu parler de Dieu, c'était durant un cours
de catéchèse au début de l'école primaire. J'étais réceptif à
l'enseignement et j'avais toujours hâte au prochain cours. L'année suivant,
nous avons changé d'enseignante et elle nous présentait la religion d'une
façon très différente. Elle nous a parlé du péché mortel, du purgatoire et
de l'enfer. Elle nous a présenté Dieu sous un aspect de condamnation et de
vengeance et elle m'a complètement terrifié. Quelques années plus tard, j'ai fait la connaissance d'une dame qui habitait le quartier près de chez moi à Boucherville. Le mercredi après-midi, après l'école, on se réunissait chez elle, moi et des amis, et elle nous parlait de Jésus, Notre Sauveur, Le Fils de Dieu, tout en nous servant des bons petits biscuits avec des grands verres de lait. Je me souviens que sur le mur du salon il y avait une peinture sur toile et mon regard était toujours porté sur cette toile qui, je sais aujourd'hui, représente la brebis égarée. C'était une femme remplie de paix et de douceur et quand elle nous parlait de Jésus son visage rayonnait. Mais l'administration de l'école a vite pris connaissance des rencontres car on en parlait à tout le monde. Nos parents ont reçu des lettres de la part de l'école qui nous a défendus de retourner chez cette dame. Nos rencontres se sont terminées sur cette note. J'ai commencé mon adolescence vers la fin des années 60, les années du
"peace & love". À l'age de 14 ans, j'ai perdu ma mère et son décès a fait basculer ma vie. Cela a complètement changé mon existence. Je me suis pratiquement retrouvé seul. Mes parents s'étant séparés quelques années plutôt, mon père adoptif avait refait sa vie avec une autre femme qui avait 3 enfants. Mon frère et mes soeurs avaient leurs vies, leurs familles. J'avais un pied à terre chez ma marraine, une femme qui avait passé une bonne partie de mon enfance avec moi et qui vivait seule depuis le décès de ma mère. Mais mes visites étaient de moins en moins fréquentes et de plus en plus distancées. Ayant déjà commencé à expérimenter diverses drogues, je me suis mis à consommer de façon abusive. J'ai embarqué là-dedans à pieds joints. Je consommais tout ce qui me tombait sous la main. J'étais incapable de faire face à mes émotions et tout ce que je cherchais à faire c'était de fuir la réalité et de geler ma conscience. Ma fuite a duré au-delà de 30 ans. Durant ces longues années, j'étais comme un bateau sans gouvernail, j'allais là où les vents et marées m'emmenaient. Je me suis entouré de gens comme moi, sans buts, sans ambitions et sans convictions. J'ai eu à faire des choix et à prendre des décisions et je pense que j'avais le don de faire les mauvais choix. Cette période de consommation était jumelée avec une période de criminalité. Durant ces 30 années, j'ai fait toutes sortes de crimes pour me payer de la drogue. J'ai commencé par la vente de stupéfiants à petite échelle. Ensuite, j'ai commis des vols à l'étalage, des vols dans les autos et ensuite l'auto au complet. J'ai longtemps fait des vols par effraction dans des maisons privées et des commerces. J'ai fait toute sorte de combines et de fraudes soit avec des chèques, soit avec des cartes de crédit. J'ai fait des vols à mains armées avec des vrais revolvers. J'ai fait l'importation de drogues d'un pays à l'autre et je vendais en grosses quantités. J'ai séquestré des gens sur leurs lieux de travail ou dans leurs propres domiciles. J'étais devenu extrêmement violent et totalement imprévisible. Plus le temps avançait, plus je consommais et plus c'était dispendieux. Je me suis mis à prendre des drogues dures que je m'injectais avec une seringue. Durant cette période, je trouvais que j'étais chanceux dans ma malchance. Au nombre de crimes que je commettais, presque à tous les jours, je me faisais coincer que rarement par la police et toujours pour les délits les moins graves. Un jour, j'ai pris un taxi et le chauffeur était une vielle connaissance de consommation. À le regarder, je trouvais qu'il avait meilleure mine qu'à l'époque. Il avait arrêté de consommer et il s'est mis à m'expliquer comment : Le Seigneur l'avait guéri. Ma seule pensée à ce moment-là c'était : "C'est un autre Jesus freak". Mes délits criminels m'ont emmené en prison à plusieurs reprises et en tout j'y ai passé plus de 5 ans de ma vie ; une aubaine pour tous les crimes que j'avais commis, croyez-moi. En prison j'ai du côtoyer et vivre à côté de gens qui avait commis les pires atrocités. Quand je me mesurais à eux, je ne me trouvais pas si méchant. La prochaine fois que j'ai entendu parler de Dieu c'était durant des rencontres de Alcooliques Anonymes & Narcotiques Anonymes durant une de mes tentatives pour me sortir de ma consommation. Je reconnaissais enfin que j'avais besoin d'aide et que seul je n'y arriverais pas. Eux, ils se servent de phrases tel que "dieu tel que tu le conçois ou ton être supérieur" pour ne pas offenser personne, mais sans vraiment aller plus loin. J'ai fait plusieurs stages dans des centres de thérapies, dont un de 6 mois en stage fermé. Cela avait été efficace pour les drogues dures mais après un certain temps je recommençais toujours à boire et à fumer de la drogue. Rendu presque à la mi-quarantaine, je commençais à crouler sous la culpabilité que je ressentais, pour ma façon de vivre et tout ce que j'avais fait et fait subir aux autres. J'ai commencé à me poser de sérieuses questions existentielles : "Pourquoi sommes-nous sur cette terre, Quelle est le sens à notre vie, Est-ce qu'il y a la vie après la mort" mais surtout : "Est-ce que Dieu existe vraiment ?". Je ne pouvais plus avoir d'excuses pour ma façon de vivre. Il y a maintenant plus de 7 ans, j'ai fait la rencontre d'une femme merveilleuse. Nous sommes tombés en amour un pour l'autre et j'ai su assez rapidement que c'était avec elle que je voulais passer le reste de mes jours. Malgré notre belle histoire d'amour, nous ressentions tous les deux un grand vide dans nos vies et il nous manquait quelque chose d'essentiel. Christine venait d'une famille chrétienne, mais elle s'était éloignée du Seigneur depuis plusieurs années. Pour elle, le choix était clair : retourner au Seigneur. Nous vivions ensemble à ce moment-là, Christine, moi et sa belle grande fille Vanessa, qui avait 12 ans à l'époque. Christine m'a fait comprendre qu'on ne pouvait plus vivre ensemble sous le même toit, après 2 ans de vie commune, que dans la Parole de Dieu c'était défendu. J'ai compris qu'il fallait que je la quitte mais j'avoue que je ne saisissais pas complètement pourquoi. J'étais en colère contre Christine mais surtout en colère contre Dieu. Je me disais comment pouvais-t-il être un Dieu d'amour, s'il m'enlevait l'amour de ma vie et je lui ai crié mon désespoir. Je crois que Dieu avait choisi cette femme pour moi et l'avait mise sur mon chemin pour que moi aussi j'entende parler de la Bonne Nouvelle. Petit à petit, j'ouvrais mon coeur au Seigneur et à son enseignement mais en même temps je demeurais sceptique. Je voulais croire en lui mais je ne voulais pas lâcher le monde. J'avais l'impression que la vie chrétienne était pour être terne et sans éclats, avec toute une série de "ne fait pas ci et ne fait pas ça." J'attendais un signe, une démonstration de la part de Dieu. Un soir, quelque mois plus tard en retournant chez moi à bicyclette j'ai fait une rencontre avec "un devant de camion". J'ai fait une mauvaise manoeuvre, très imprudente de ma part et le camion a foncé sur mon côté gauche. J'ai ressenti quelque chose entre ce camion-là et moi, quelque chose qui m'avait protégé. Contre toute explication rationnelle et logique, je m'en suis sorti sans aucune blessure, sans même une égratignure même si j'ai vu le camion me frapper. C'était comme si le camion avait été freiné par une grosse main. Je suis resté sur mon vélo, sans tomber, et j'ai continué mon chemin, sans même m'arrêter. Il y avait au moins deux personnes qui se demandaient ce qui venait de se produire, moi et le conducteur du camion. J'ai passé les prochaines semaines à revivre ce moment et à me poser toutes sortes de questions. "Est-ce que c'était un ange qui m'avait protégé? Est-ce que c'était Dieu lui-même qui avait arrêté ce camion ? Mais pourquoi aurait-il fait cela pour moi ?" Moi qui avais passé toute ma vie à pécher contre lui, moi qui avais toujours cherché à profiter de tout et tout le monde, moi qui n'obéissais même pas aux lois des hommes, encore moins les siens. Je me suis mis à examiner le monde dans lequel que je vivais et la façon que je vivais ma vie. J'ai commencé à fréquenter mon assemblée locale pour en apprendre d'avantage sur La Parole de Dieu. Je posais des questions à Christine sur le plan du salut et elle me répondait avec des versets de la Bible. J'ai commencé à étudier l'évangile de Jean et je sais qu'à ce moment là, il y avait beaucoup de gens qui priait pour mon salut. La Parole de Dieu me touchait énormément, spécialement ces deux passages : Mathieu 11 verset 28 : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos." Quand j'ai entendu ce verset j'avais l'impression que c'était écrit spécialement pour moi. Mathieu 7 versets 7 et 8 :" Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez : frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe." Le 3 juillet 2002 assis dans un autobus en direction de mon travail tout en faisant la lecture du livre "Quel Sauveur Merveilleux " j'ai donné mon coeur et ma vie à Jésus et je l'ai accepté comme mon Sauveur. Je lui ai demandé pardon pour ma triste vie de pécheur et je l'ai remercié d'avoir accepté le châtiment à ma place. J'ai remis ma vie entre ses mains et je lui ai promis de le suivre fidèlement. J'ai ressenti une telle joie ! Tout le poids de la culpabilité que je supportais depuis de si nombreuses années avait disparu d'un coup. Je ressentais une paix intérieure comme je n'avais jamais connu auparavant. Sur mon visage, il y avait un immense sourire et je pleurais à chaudes larmes. Christine et moi, nous nous sommes mariés le 5 juillet 2003 devant Dieu, presqu'un an jour pour jour, après ma conversion, et ça été un des plus beaux jours de ma vie. L'attente d'un an était pour rassurer Christine que ma conversion était sincère et mes intentions honorables. Avant de connaître le Seigneur, je pensais sérieusement que c'était moi qui étais maître de ma destinée. Je croyais que tout reposait sur mes décisions et sur les actions que je posais pour dicter le déroulement de mon avenir. Ah ! Que j'étais dans le champ !!!!! Je ne me souviens pas de tous les gens que le Seigneur a mis sur ma route qui ont essayé de semer en moi la Bonne Nouvelle, mais à ce moment là, la terre de mon coeur était trop sèche et rocailleuse et la semence ne prenait pas. Étant prédestiné à être un enfant de Dieu, Le Seigneur m'a protégé tout le long de ma vie. Ce que je croyais être de la chance était en réalité le Seigneur qui tirait les ficelles pour que je suivre le chemin qu'il avait déjà tracé pour moi. Le Seigneur a transformé ma vie. Du jour au lendemain il m'a enlevé l'envie et le besoin de me droguer et de boire. Il a changé ma langue qui ne cessait de blasphémer, souvent contre lui en particulier. Il m'a rendu honnête et incapable de mentir. Il a pris l'être égoïste et profiteur que j'étais pour me rendre charitable et à l'écoute des besoins des autres. Il a donné un vrai sens et une direction à ma vie. Mais il a surtout remis de l'amour en moi, l'amour pour les autres et de l'amour pour moi-même. Il a rempli ce vide que je ressentais par son Esprit-Saint. Le Seigneur a toujours pourvu au-delà de tous nos besoins et nous avons été choyés par ses bénédictions. Il a ouvert des portes que je croyais impossible à franchir et m'a donné du bon travail. Mon épouse et ma belle-mère vous diront que le Seigneur a encore beaucoup de travail à effectuer pour améliorer mon caractère, mais moi je dis que le Seigneur travail à son rythme et à sa vitesse. Depuis que je suis au Seigneur, on peut dire que je l'ai eu facile. Le Seigneur pourvoyait à tous mes besoins spirituels, physiques et émotionnels. Je ne manquais de rien et au contraire ma situation financière s'est améliorée d'année en année. Nous avons pu réaliser un rêve en faisant l'acquisition d'une maison à St-Hilaire, une ville pour laquelle nous avions une affection particulière. Dans le début de ma relation avec le Seigneur j'avais la flamme haute. À chaque moment de libre, je lisais la Bible et je lui faisais constamment des prières. Je rayonnais de joie et je me sentais privilégié d'être un enfant de Dieu. Les obligations professionnelles, la fatigue et même la paresse et le train-train quotidien sont venus écourter le temps que je passais dans la présence du Seigneur. Après quelques années, ma relation tant désirée était rendue stagnante. Ça s'est produit graduellement, sournoisement mais ça s'est produit et je n'ai rien fait. Je me suis contenté de cette situation. Vous le savez que depuis le mois de septembre, j'ai été diagnostiqué avec un cancer, un cancer qu'on a découvert après de longs mois d'attente. Le Seigneur a décidé de nous faire vivre cette épreuve. Je dis "nous" parce que c'est toute ma famille qui vit cette épreuve avec moi. La famille avec qui je vis, ma famille biologique ainsi que ma belle-famille, et vous tous, ma famille dans Le Seigneur. Nous ne savons jamais pourquoi Dieu nous éprouve. Tout ce qu'on peut faire c'est de lui rester fidèle, autant dans notre foi, que dans nos prières : mettre notre confiance entière en lui et de garder espoir dans sa grâce et son amour. Nos vies doivent servir de témoignages pour sa gloire. À tous les jours, je prie pour ma guérison et je crois que Dieu peut me guérir, si c'est selon sa volonté. Proverbes 3 5-6 : Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers.
Michel a rejoint son Sauveur le jeudi 12 juillet à 13h00. Il est maintenant et pour toujours dans la présence de Jésus. Nous rendons gloire à Dieu pour ce qu'Il a fait pour Michel ; pour le salut en Jésus et pour la transformation radicale de sa vie. |